Il y a des livres qu’on referme en se disant : « C’était une belle histoire. »
Et puis il y a ceux qu’on referme en restant quelques minutes avec la main sur la couverture, comme si les personnages étaient encore là, quelque part dans la pièce.
Les romans de Virginie Grimaldi appartiennent souvent à cette deuxième catégorie.
Ils savent parler des choses sérieuses sans transformer notre canapé en salle d’attente chez le psy. On y croise des familles imparfaites, des gens qui doutent, des vies qui bifurquent, des blessures qu’on traîne parfois depuis longtemps… mais aussi de l’humour, de la tendresse et cette petite lumière qui évite de refermer le livre complètement ratatinée.
Le site officiel de Virginie Grimaldi présente d’ailleurs ses romans comme des histoires à la fois drôles et émouvantes, qui font écho à la vie de chacun.
Alors forcément, une question finit par se poser :
Que lire quand on aime Virginie Grimaldi et qu’on a déjà dévoré ses romans ?
J’ai retenu trois livres assez différents les uns des autres, mais qui ont quelque chose en commun : ils parlent de ces moments où la vie ne ressemble plus tout à fait à ce qu’on avait prévu.
Et vous commencez à me connaître : les virages imprévus, j’ai un petit faible pour eux.
Entre mes mains le bonheur se faufile, d’Agnès Martin-Lugand

Il y a parfois un moment où une vie parfaitement correcte devient soudain… beaucoup trop petite.
Pas forcément parce qu’elle est catastrophique.
C’est presque pire.
Tout fonctionne à peu près. On se lève le matin, on fait ce qu’on doit faire, on répond quand on nous parle, on remplit les cases. Extérieurement, rien ne justifie vraiment de renverser la table.
Et pourtant, à l’intérieur, quelque chose étouffe.
C’est précisément le point de départ d’Entre mes mains le bonheur se faufile.
Iris aime la couture depuis l’enfance. Créer, dessiner, donner forme à des vêtements : voilà ce qui la fait vibrer. Mais ses aspirations ont été écartées et elle s’est installée dans une existence qui ne lui ressemble plus vraiment. Une révélation va finalement la pousser à remettre ses choix en question et à partir à Paris, où sa rencontre avec Marthe bouleversera encore davantage sa trajectoire.
Pourquoi ce roman peut plaire si vous aimez Virginie Grimaldi
Parce qu’il pose une question très simple et absolument pas confortable :
À quel moment avons-nous le droit de reconnaître que la vie que nous avons construite ne nous convient plus ?
Pas besoin qu’elle soit horrible.
Pas besoin d’attendre l’incendie, l’explosion ou l’arrivée d’un huissier au galop.
Parfois, le malaise suffit.
Ce que j’aime particulièrement dans ce type d’histoire, c’est que le changement n’arrive pas emballé dans un joli papier cadeau avec un mode d’emploi collé dessus. Se choisir peut aussi provoquer du désordre, des doutes et quelques décisions prises avec une pertinence très relative.
Bref, cela ressemble davantage à la vraie vie.
Et si les romans de Virginie Grimaldi vous touchent lorsqu’ils parlent de reconstruction, de choix et de ces moments où l’on est obligé de regarder honnêtement ce que l’on veut, vous devriez retrouver ici quelque chose de familier.
À lire si vous traversez une période où une petite voix intérieure répète : « Ce n’était peut-être pas censé être comme ça… »
Avec, si possible, une boisson chaude à proximité. On réfléchit toujours mieux avec une tasse entre les mains.
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La Vie rêvée des chaussettes orphelines, de Marie Vareille

Rien que le titre mérite qu’on s’arrête deux minutes.
Parce qu’enfin quelqu’un se préoccupe de cette question fondamentale : où passent les chaussettes disparues dans la machine à laver ?
Je soupçonne personnellement l’existence d’une dimension parallèle.
Marie Vareille, elle, en fait le point de départ d’une histoire beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît.
Alice, une Américaine arrivée à Paris, veut repartir de zéro. Derrière une apparence plutôt maîtrisée, elle cache une anxiété importante et surtout un passé qu’elle préférerait maintenir soigneusement sous le tapis. Elle rejoint une start-up menée par un patron assez fantasque, dont le projet consiste justement à réunir les chaussettes dépareillées du monde entier. Les rencontres qu’elle va y faire commencent peu à peu à fissurer les murs qu’elle a construits autour d’elle.
Derrière l’idée farfelue, une histoire de reconstruction
C’est probablement ce que j’apprécie le plus dans le style feel-good lorsqu’il fonctionne vraiment.
Il peut nous faire sourire avec une histoire de chaussettes tout en parlant, deux pages plus loin, de solitude, de peur, de secrets ou de reconstruction.
La légèreté n’annule pas la profondeur.
Au contraire, elle nous permet parfois d’y entrer.
C’est aussi ce que l’on retrouve souvent chez Virginie Grimaldi : l’humour n’est pas là pour nier ce qui fait mal. Il crée simplement un peu d’air autour.
Et, mine de rien, nous avons tous besoin d’air.
La Vie rêvée des chaussettes orphelines joue également avec un thème qui revient beaucoup dans les histoires qui me touchent : peut-on réellement recommencer ailleurs sans emporter avec soi ce qu’on essayait de fuir ?
Petit détail agaçant : changer de décor ne suffit pas toujours à laisser derrière soi ce qu’on cherchait à fuir.
On peut changer de ville, de travail, de coiffure, acheter une plante verte et décider que « cette fois, tout sera différent »… certaines choses demandent malgré tout à être regardées en face.
Mais heureusement, ce roman parle aussi de rencontres. De celles qui ne règlent pas tout à notre place, mais qui peuvent rouvrir une fenêtre là où on avait fini par vivre les volets fermés.
À lire si vous aimez les romans qui cachent beaucoup d’émotion derrière une idée de départ légèrement loufoque.
Et si vous avez actuellement une chaussette célibataire dans votre panier à linge, peut-être est-ce un signe, non ?
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Et que quelqu’un vous tende la main, de Carène Ponte

Parfois, dans les romans comme dans la vie, la grande révolution n’est pas de tout quitter.
C’est simplement de rencontrer quelqu’un au bon moment.
Et que quelqu’un vous tende la main réunit trois femmes cabossées par l’existence.
Valérie et Anna arrivent au Jardin des Cybèles, une maison de repos destinée à des personnes traversant une période difficile. Elles rencontrent Charline, qui tient un petit salon de thé voisin. Ce lieu devient peu à peu un refuge. Mais lorsque Charline est à son tour frappée par une épreuve, les rôles s’inversent : celles qui avaient besoin d’être aidées deviennent celles qui tendent la main. Leur histoire les mènera notamment vers une escapade improvisée au bord de la mer.
Ce roman parle d’amitié sans en faire une baguette magique
Et c’est important.
J’aime l’idée qu’une rencontre puisse changer quelque chose.
Mais je me méfie toujours un peu des histoires où une nouvelle rencontre, une histoire d’amour ou un golden retriever particulièrement perspicace débarque au chapitre trois et règle quinze années de blessures émotionnelles avant le dessert.
Les êtres humains sont légèrement plus compliqués.
Ce roman repose plutôt sur une idée beaucoup plus douce : parfois, quelqu’un ne peut pas réparer ce qui nous arrive, mais peut rester à côté de nous pendant qu’on traverse la tempête.
Et cela change déjà beaucoup de choses.
L’amitié, ici, n’empêche ni la douleur ni les difficultés. Elle rappelle simplement qu’on ne devrait peut-être pas avoir à tout porter soi-même.
C’est aussi ce que je trouve proche de l’univers de Virginie Grimaldi : des personnages ordinaires confrontés à des épreuves qui pourraient arriver à beaucoup d’entre nous, de l’émotion sans héroïsme spectaculaire, et de la lumière qui revient par petites touches plutôt que par miracle.
À lire si vous avez envie d’une histoire de solidarité, de reconstruction et de liens humains.
Avec un avertissement cependant : la présence récurrente d’un salon de thé peut entraîner une augmentation soudaine de la consommation de gâteaux.
Je préfère vous prévenir.
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Finalement, qu’est-ce qu’un « livre comme Virginie Grimaldi » ?
C’est probablement là que les choses deviennent intéressantes.
Parce qu’il ne suffit pas de prendre une héroïne de trente ou quarante ans, de lui ajouter une contrariété, trois copines et un mug de thé pour obtenir un roman capable de provoquer les mêmes émotions.
Heureusement.
En réalité, chercher un “livre comme Virginie Grimaldi”, ce n’est pas chercher un genre bien précis. Ses romans sont difficiles à enfermer dans une seule catégorie : ils parlent de famille, de reconstruction, de petits et grands bouleversements de la vie, avec beaucoup d’émotion et une bonne dose d’humour. Ce qui les rapproche, ce n’est donc pas forcément une étiquette, mais plutôt une certaine façon de raconter la vie.
Au fond, ce n’est donc pas une catégorie précise que l’on cherche à retrouver, mais une certaine manière de raconter la vie.
Des personnages imparfaits, d’abord.
Des gens qui se trompent, qui hésitent, qui ont envie de changer mais qui ont aussi peur de franchir le pas.
Ensuite, des émotions qui ne sont pas maquillées. Un roman n’a pas besoin de prétendre que tout va bien pour faire du bien. Ce qui touche, parfois, c’est justement de rencontrer dans un livre quelqu’un qui traverse quelque chose de difficile et continue malgré tout à avancer.
Et puis il faut de l’air.
- Un dialogue qui fait rire,
- Une situation un peu absurde,
- Une amitié inattendue.
- Un personnage secondaire impossible à oublier.
- Une chaussette manifestement égarée.

Bref, de quoi respirer au milieu du bazar.
Parce que la vie ressemble rarement à une ligne droite soigneusement tracée à la règle.
Elle ressemble davantage à une route de campagne, avec des virages mal signalés, des détours imprévus et, de temps en temps, un paysage qui donne envie de s’arrêter.
Alors, lequel choisir ?
Si ce sont surtout les changements de vie et la quête de soi qui vous attirent, Entre mes mains le bonheur se faufile est probablement celui que je placerais en premier sur la pile.
Si vous aimez les histoires qui mêlent humour, secret et reconstruction, essayez La Vie rêvée des chaussettes orphelines.
Et si vous cherchez avant tout un roman autour de l’amitié et des mains que l’on se tend lorsque tout devient un peu trop lourd, Et que quelqu’un vous tende la main devrait bien trouver sa place.
Ou alors vous pouvez adopter ma méthode préférée : retenir les trois… et simplement choisir par lequel commencer.
Votre bibliothèque, en revanche, pourrait déposer une réclamation.
Et vous, quel roman ajouteriez-vous à cette liste ?
C’est ce que j’aime dans les recommandations de lecture : découvrir des livres auxquels je n’aurais pas pensé.
Alors dites-moi en commentaire : quel auteur ou quel roman conseillez-vous à quelqu’un qui aime Virginie Grimaldi ?
Je suis toujours preneuse d’une nouvelle histoire à ajouter à ma pile.

Même si cette pile commence sérieusement à ressembler à la tour de Pise.

Pour aller plus loin, découvrez ma définition du roman feel-good et ma sélection de lectures inspirantes.
« Il y a des livres qui ne changent pas notre vie. Ils rendent simplement certains jours un peu plus légers. Et parfois, c’est déjà beaucoup. »
— Carnet de Gabrielle







